La trêve en Palestine, vue de gauche et d’en-dessous

Il se pourrait bien que la trêve des bombardements israéliens contre Gaza perdure.

Benjamin Netanyahou a réussi en partie son coup de force, si bien que ses alliés étatsuniens,  l’Émir du Qatar, l’Arabie Saoudite et tous ceux qui souhaitaientt lui forcer la main pour le meilleur et surtout pour le pire ont compris qu’il peut, sur un coup de tête, taper sur les Palestiniens quand il le veut bien… et s’en servir pour sa politique domestique, faisant  déraper tout complot se tramant dans son dos.

Les leaders du Hamas à Gaza tramaient une trêve indéfinie – et comble d’ignominie –  ils proposaient d’emprisonner les militants du Jihad et du FPLP qui ne respecteraient pas le cessez le feu unilatéral, même si leurs leaders venaient à être assassinés.  Dur, injuste, mais Realpolitik.

Netanyahou a contré cette menace des fauteurs de paix. L’organisation amie des princes du Golfe sort gagnante de l’échauffourée. Les États-Unis, qui complotent en douce leur retrait du guêpier israélien, ont reconnu le Hamas comme interlocuteur et l’Émir du Qatar comme entremetteur.

Les factions palestiniennes dans la bande de Gaza n’ont pas saisi l’opportunité et n’ont pas osé s’emparer du contrôle du territoire assiégé. Dès le début des hostilités, le Fatah et le Jihad ont serré les rangs autour d’Ismail Haniyeh, refusant le nœud coulant tendu par le Likoud.

Dans ces conditions, il devenait inutile de poursuivre le jeu de massacre, comme l’a reconnu le faucon Ehud Barak.  D’autant que les réservistes – sortis des boîtes de nuit de Tel-Aviv –  n’étaient pas très chauds à l’idée d’abandonner leur fiancée pour aller affronter les farouches barbus de la Bande adossés aux barbelés.

Benjamin Netanyahou doit maintenant se tourner vers son propres électorat en Israel – quand on frappe sur les voisins les élections ne sont jamais loin – pour faire entériner sa façon musclée d’intimider ses adversaires et ses alliés, avant l’ouverture des négociations d’attribution d’un « bantoustan » palestinien sur le reste des terres pas encore occupées. Les terres déjà cyniquement désignées Zones  A et B sur les plans de l’État-major israélien !

Alors une trêve est une tr^ve… mais  il ne faut pas trop croire à la grandeur d’âme…  Une bonne nouvelle, pourtant. On peut oublier pour un temps les  forfanteries de Netanyahou à propos d’une attaque imminente contre l’Iran.

Robert Bibeau

 

Une pensée sur “La trêve en Palestine, vue de gauche et d’en-dessous

  • avatar
    25 novembre 2012 à 7 07 15 111511
    Permalink

    Bonjour,

    Bravo toujours pour la qualité des articles, nous sommes surpris toutefois que vous ne répondiez pas les uns et les autres sur les questions ou réactions qui vous sont faites sur Les Voix du Panda.

    http://wwww.panda-france.net

    C’est un phénomène techinique?

    Avec toute notre amitié et respect.

    Le Panda

    Patrick Juan

    🙂

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