Bien poser le « Sommet » sur la base

Le gouvernement péquiste avait promis un «Sommet» sur l’enseignement supérieur; voilà que le corbillard est en marche vers le cimetière des mauvaises intentions (1).

Les « chefs » des associations étudiantes s’empressent de se positionner le plus près possible de la nouvelle équipe gouvernementale, même que Léo est assis à la gauche de la Cheffe Suprême, aussi proche que le ministre lui-même qui officiera l’éloge funèbre !

D’autres  – L’ASSE – théorisent et se questionnent sur les slogans à adopter… «L’École au service de la classe dominante» ou bien « Contre la marchandisation de l’éducation » ?

Pourrait-on grimper de la base au sommet sans se retrouver dans le champ ?  Le mot d’ordre rassembleur qui a fait l’unanimité parmi les 200 000 étudiants grévistes – et qu’ont bien aimé même les timorés qui laissèrent «gréver» leurs confrères !-  a été « STOPPONS LA HAUSSE »  C’est ça qui a été l’objet de la résistance étudiante, sur le front économique de la lutte des classes.

C’est derrière ce slogan militant que les étudiants  ont affronté  la machine d’État, la Loi spéciale et les cours de justice, y compris l’agent Trudeau, matricule 728 en personne! (2)  La lutte étudiante avait pour objectif de maintenir le droit et l’accessibilité à l’enseignement supérieur pour le plus grand nombre, y compris pour les filles et les fils de la classe ouvrière.

Les étudiants n’ont pas reçu des coups de matraques, ils n’ont pas subi les arrestations musclées, le poivre de Cayenne et les chiens policiers, mis leurs études en péril et parfois sacrifié leurs emplois sous-payés, pour obtenir l’autorisation de conseiller le ministre sur la gestion scandaleuse des universités (l’Ilot Voyageur n’étant que le bec du pigeon), ni pour siéger sur un quelconque conseil de pions pour une « meilleure gestion » des hausses des droits de scolarité.

Ils ne l’ont pas fait principalement pour la beauté de la chose, ou pour soutenir les copains anarcho-syndicalistes en quête du nirvana populaire contre la marchandisation de l’université. Ils l’ont  fait afin de maintenir l’accessibilité la plus étendue possible aux études supérieures pour le plus grand nombre des fils et des filles du peuple.

Les leaders étudiants au Sommet ont intérêt à ne pas oublier que, pour leurs commettants à la base, le mot d’ordre demeure  «STOPPONS LA HAUSSE».  Toutes les hausses.

Robert Bibeau

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