LES SÉPARATISTES – SÉPARÉS !

ROBERT BIBEAU

Le paradoxe séparatiste

Depuis que l’Option-séparation-du-Québec du reste du Canada périclite dans les sondages les divers mouvements, cercles, alliances, groupuscules et partis séparatistes n’ont jamais été aussi nombreux à solliciter l’appui d’aussi peu de partisans… se raréfiant.

Ils sont pléthore les organisations de défense de la « race » canadienne-française (devenue québécoise) comme l’éructait Lionel Groulx (le franquiste), leur père spirituel à tous, et que plusieurs de ces nationaux-socialistes renient aujourd’hui en catimini. Pourquoi ce soudain foisonnement de gourous et de chapelles nationalistes naviguant de « gauche » à droite ? Pourquoi tous ces Authentiques souverainistes, Action Nationale, CAP sur l’indépendance, Intellectuels pour la souveraineté, Nouveau Mouvement pour le Québec, Nationaux-socialistes pour la partition, Communistes-patriotes (sic), Parti Québécois, Option Nationale et Québec Solidaire ?

Pourtant, René Lévesque et Lucien Bouchard – le lucide encombrant, comparse de Faical le désopilant, que les nationalistes pavanent honteusement – avaient réussi à tous les accrochés à l’arrière de leur char allégorique patriotique. Maintenant que le Parti Québécois s’interroge sérieusement sur son destin et sur ses desseins militant, plus personnes ne parvient à calmer la  frénésie scissionniste parmi ces partisans en catharsis (1).

Pour comprendre la problématique qui habite les militants souverainistes depuis la dernière élection non référendaire (2012) il faut d’abord résoudre trois énigmes : Première énigme, connaître la nature et le rôle de tout parti politique. Deuxième énigme, comprendre la conjoncture économique présente. Troisième énigme, identifier la politique adoptée par la classe dirigeante compte tenu de la conjoncture économique présente. Nous serons ensuite en mesure de résoudre le paradoxe souverainiste.

Qu’est-ce qu’un parti politique ?

Un parti est l’organisation politique d’une classe sociale ou d’un segment de classe sociale. Un parti politique a pour mission de défendre les intérêts de la classe sociale ou du segment de classe sociale qu’il organise. Le but ultime d’un parti politique est de s’emparer du pouvoir, c’est-à-dire du contrôle de l’appareil gouvernemental, afin d’appliquer les politiques nécessaires pour le bénéfice de la classe sociale qu’il représente.

Le père fondateur du Parti Québécois a toujours été franc avec ses commettants. À plusieurs reprises René Lévesque a reconnu que le Parti Québécois n’était pas un parti ouvrier. À peine a-t-il un jour concédé un « préjugé favorable aux travailleurs » ce qui n’a jamais empêché la coterie des « bobos» syndicaux de se traîner aux pieds du petit despote échevelé (1).

Sous la houlette du toupet à Bouchard le PQ affronta ses démons et osa afficher ouvertement sa fidélité indéfectible envers les capitalistes québécois de « souche ». La prise de contrôle de la machine du parti par la multimillionnaire Pauline Marois et son époux, le spéculateur fédéraliste-souverainiste Claude Blanchet, termina de jeter bas les masques « gaucho-socialo-démocrate-progressistes » des péquistes élitistes, défenseurs des intérêts de la section québécoise de l’oligarchie financière canadienne. C’est sur la rue Saint-Jacques à Montréal et sur Grande Allée à Québec qu’il faut chercher les préjugés favorables des mentors du PQ sous tutelle.

Québec Solidaire est le parti de la petite bourgeoisie aigrie par l’indifférence de la grande bourgeoisie qui les sacrifie sur l’autel de la récession mondialiste. Intellectuels à gogo ; étudiants déroutés ; bureaucrates syndicaux vexés d’être écartés de la gestion des plantureux Fonds d’investissements des «solidarités» capitalistes ; retraités frustrés de voir leur pouvoir d’achat s’étioler ; ainsi que tout ce que Montréal et sa banlieue compte d’ex-gauchistes endeuillés depuis le sabordage de leurs organisations communistes surannées, s’y rassemblent, « Solidaire » de la classe ouvrière, qui pour sa part demeure étrangère à leurs ardeurs référendaires et pétitionnaires.

Option Nationaliste droitiste et les autres sectes groupusculaires, sectorielles, thématiques, ou professionnelles, regroupent et représentent les mêmes couches sociales que Québec Solidaire – mais dans les régions du Québec profond – noyautées par les défroqués des congrégations dévoyées, les Sociétés Saint-Jean-Baptiste dévotes, les amis de Duplessis et de l’ecclésiastique franquiste, fatras nostalgique des années soixante-dix.

La conjoncture économique mondiale

Ces partis politiques et ces regroupement de militants sceptiques œuvrent à propager la mystique sécessionniste : « L’indépendance du Québec n’appartient pas aux partis politiques, mais aux citoyens (sic). L’affirmation de la souveraineté populaire est au cœur des déclarations de principes des deux rassemblements mis sur pied en 2111 pour  se livrer à un travail de mobilisation citoyenne… », alors que la crise économique mondiale frappe durement le peuple québécois en émoi, ce peuple québécois pas du tout en appétit de confondre des vessies avec des lanternes et qui migre nombreux vers l’Ouest canadien grand pourvoyeur d’emploi.

Rapatrier taxes et impôts d’Ottawa pour confier ce magot à la gestion du Parti Québécois bourgeois « néo-libéral » comme le proposent ces maîtres chanteurs n’est pas de nature à rassurer les électeurs. Le premier budget Marceau (PQ) aurait pu tout aussi bien être confectionné par Bachand (Libéral) et dévoilé par Legault (CAQ). En Assemblée, Françoise l’a approuvé et Amir l’a répudié. Quelle République du sirop d’érable ces « nationaleux » concoctent-ils ?

Pendant ce temps, à la bourse de Toronto, la section québécoise francophone des capitalistes monopolistes canadiens se positionne pour tirer le meilleur avantage du saccage du Nord québécois autochtone et du Nunavut canadien esquimaux par les multinationales chinoises, indiennes, brésiliennes, coréennes et de moins en moins américaines.

Alors comprenez bien, « le chantage à la souveraineté-association » afin d’obtenir une plus grosse part du « butin » canadien…ils repasseront les Chevaliers de l’indépendance pensent les milliardaires francophones vitupérant. Il y a péril en la demeure et le Roi se meurt, alors pas le temps de s’amuser des bouffonneries de Bernard Landry et compagnie sur les « alliances mathématiques » !

La politique capitaliste dans le contexte de la crise présente

La haute direction du Parti Québécois a déjà compris que l’heure n’est plus aux mesquineries de parti et que ses maîtres capitalistes monopolistes québécois francophones  exigent le Front uni au Conseil de la Fédération, sur le marché boursier de New-York et partout parmi la patrie en danger.

Pauline entonne bien le refrain linguistique et chauvin (Loi 101) afin de distraire la galerie et apaiser ses larbins séparatistes – il en reste quelques-uns dans ses rangs – mais le cœur n’y est plus. Combien de temps encore les estafettes péquistes souffleront-ils le chaud et le froid souverainiste ?

Québec Solidaire n’en revient pas d’avoir doublé sa représentation à l’Assemblée et fait taire la moitié de ses députés de peur d’effaroucher l’autre moitié de son électorat. Le parti des solidarités prépare fiévreusement sa prochaine campagne électorale, anxieux de faire mieux à condition que chaque militant apprenne à rassurer sa mère, son père et son voisin. Le risque étant cependant de tout perdre pour ne pas avoir su se démarquer…leur mentor à Radio-Canada saura-t-il leur rappelé cette sage vérité ?

Comprenez-bien, ceux qui font la « real politic » en société capitaliste n’ont plus besoin de ce viatique séparatiste éculé non plus que du chantage à la souveraineté pour promouvoir leur « Option » d’achat d’actions et d’obligations en faveur d’un Québec fort dans un Canada uni à spolier par les riches de « souche » de toute nationalité et de toute langue maternelle.

Le paradoxe n’est plus un mystère

Orphelins de leurs pères spirituels, abandonnés par leur classe de tutelle, esseulés sur la banquise de la crise indivis, les divers mouvements, cercles, alliances, groupuscules et partis séparatistes, devenus inutiles, entonnent le chant du cygne de la cause nationaliste-chauvine avant que de disparaître de la vue de la manifestation et du tintamarre social qui se dirige vers les barricades de l’insurrection populaire.

 

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(1)   Dans le volume Impérialisme et question nationale (le modèle canadien) (2012) nous présentons l’évolution de la lutte de libération nationale québécois du soulèvement patriote (1837) à Québec  Solidaire (2012). http://www.robertbibeau.ca/commadevolume.html

 

Le volume est disponible gratuitement en téléchargement (format PDF Acrobat)  http://www.robertbibeau.ca/commadevolume.html

 

 

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