Les bienfaits de la civilisation

ANDRE LEFEBVRE

Vous croyez peut-être que combattre le froid en s’habillant de plusieurs couches de vêtements souples est une « découverte »  récente? Détrompez-vous. Les « Canayens » la connaissaient depuis longtemps. Voici leur façon de s’habiller pour combattre le froid :

a)La chemise, b) les bas, c) la culotte, d) un habitant vêtu de son gilet, e) la veste, f) les mitasses, g) les bottes « mocassins », h) les nippes, i) les mocassins.

Ce qui donne :

a)L’habitant de gauche est coiffé du casque de fourrure. Outre son « capot », il porte des mitasses et des grappins à ses mocassins.

b) Cet homme porte la tuque et les « bottes mocassins ».  Son « capot » possède de larges « parements  en bottes » typique du régime français.

c) Le curieux « tapabord » dont les ailes se portent relevées ou rabattues.

d) Le « camail », en vogue au début des années 1730, sera même adopté par les bourgeois.

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Martin jr Lefebvre

Martin jr, aussi appelé Martin Thomas, est né le 17 Juin 1853 à Ste-Ursule de Maskinongé. Il est fils de Martin sr et de Suzanne Turner. Son parrain se nomme Pierre Grenier et sa marraine, Marguerite Cloutier.

Au baptême de Martin, le 19 Juin, qui est un dimanche, aussi curieux et peut-être significatif que cela puisse être, son père Martin sr est absent. Est-il parti faire la traite des fourrures ou travailler au loin comme « forestier »? On ne sait pas. Sur le registre on le dit « cultivateur …de cette paroisse.

Suzanne, mère de Martin jr, décèdera le 5 février 1867 à l’âge de 36 ans.

Martin jr épousera Cordélia Laporte le 3 juin 1872 à la Basilique de Montréal. Cette fois-ci son père Martin sr sera présent et signera le registre tout autant que l’époux. Les deux signatures démontrent que Martin junior est assez instruit et possède une belle signature. Son père, par contre, démontre une difficulté certaine à signer. Cordélia déclarera ne pas savoir signer.

Martin sr assistera au mariage de son fils avec sa deuxième épouse Catherine Casavant dit Ladebauche; veuve de Francois Dubé qu’il a épousé le 26 Août 1867 à Montréal et où on le dit charpentier. Martin sr a, encore une fois, signé le registre à son mariage.

Martin jr est plâtrier et il enseignera son métier à son fils Louis-Delphis.

Il décèdera à Montréal le 20 Février 1926 âgé de 83 ans.

Mais dans quel environnement a vécu la famille de Martin Lefebvre jr?

Voici une description du Montréal de l’époque :

Les quartiers limitrophes du fleuve sont consacrés aux affaires. La population, en majorité, y est anglaise. Plus loin, escaladant la montagne, on rencontre les rues Craig, Vitré, de la Gauchetière, Dorchester, la grande rue Ste-Catherine. Encore plus loin, la rue Sherbrooke. Toutes sont parallèles.

Les rues au sud de Sherbrooke sont habitées par des « Canadiens-Français »; la rue Sherbrooke, séparée des autres rues plus au sud, est celle de l’aristocratie anglaise. Sur cette rue Sherbrooke, on n’entend ni tumulte, ni grincement criard. Le chant des oiseaux, les soupirs d’une romance, les frémissements d’une harpe et le chuchotement d’un piano viennent caresser les oreilles. On n’y trouve aucun magasin qui pourrait déranger les habitants des cottages gracieux, des villas pimpantes et des manoirs féodaux en miniature qui s’y trouvent. Tout y est calme et silencieux. La rue n’est pas pavée mais la poussière  y est rarement soulevée.

C’est à ses pieds que Montréal chauffe ses fourneaux, ouvre ses chantiers, charge et décharge ses cargaisons, agite ses milliers de bras. Tout ce brou-ha-ha est principalement le fait des travailleurs  canadiens qui cherchent à gagner leur salaire.

L’extrémité de la rue Sherbrooke, vers l’Est, s’arrête à la rue St-Denis, grande artère perpendiculaires qui va de Sherbrooke à la rue Notre-Dame. C’est là les limites du faubourg Québec où s’affairent les artisans, détaillants et débiteurs de boissons. C’est le quartier le plus populeux de la ville et les Anglais s’en tiennent le plus loin possible. Évidemment, aucun des dignitaires et des rentiers Canadiens-Français n’osent avouer un domicile dans le faubourg Québec. Ils habitent, si possible, la rue Sherbrooke eux aussi pour s’éloigner des usines et des fabriques. Autour des usines se regroupent les magasins.

L’ouverture du canal Lachine a favoriser le mouillage des bateaux jusqu’au bout de l’île. Les docks, futur projet de M. Young, étendront le port de la rue Bonsecours jusqu’à la  pointe St-Charles, à la tête du pont Victoria.  On trouve là la gare centrale de la compagnie du chemin de fer du Grand-Tronc. C’est là le quartier Sainte-Anne ou « Griffinton ». Un bourbier infect ou grouille une population irlandaise, pauvre, sordide, déguenillée, un peu fanatique, arrivée quelques années auparavant. Pour plusieurs, et avec raison, c’est la honte et l’effroi de la métropole canadienne. C’est l’équivalent des Cinq-Points de New York, dont on a la description dans l’émission télé actuelle intitulée : « Copper » ou encore, dans le film avec Di Caprio: « Les gangs de New York ».

La famille de Martin Lefebvre jr a vécu dans le Quartier Québec et, plus tard, dans le Mile-end, actuellement faisant partie du Plateau Mont-Royal.

      Voici certains événements importants de l’époque :

1851 Le gouvernement du Canada-Uni déménage à Québec. 

1852 Création de l’Université Laval. 

1854 Abolition du régime seigneurial          

1854 Une incendie des édifices parlementaires de Québec fait envisager de déménager le gouvernement à Ottawa.  Entre-temps, il siège à Toronto. 

1859 Construction du Parlement de Québec.  Le gouvernement du Canada-Uni y siège jusqu’à son déménagement à Ottawa à l’automne 1865.  À partir de 1867 l’édifice de Québec devient le siège de l’Assemblée législative de la province de Québec.   

1861 les tramways tirés par des chevaux, apparaissent à Montréal.

Les sièges des futurs gouvernements sont installés.  La confédération canadienne en prendra possession en 1867.  Mais on remarque tout de suite que ce qui s’installe est la base nécessaire à l’exploitation de la puissance de travail de la population.  Le capitalisme installe, peu à peu, son nid.  Est-ce nocif pour l’individu ?  Certainement pas à l’époque dont nous parlons.  Les « bourgeois » ont besoin de main-d’œuvre et la population urbaine a besoin de moyens de survie.

Aurait-on pu continuer le développement des terres ?  Sûrement encore pendant un certain temps; mais, déjà, à cette époque, le développement des terres nuit à l’exploitation forestière des compagnies qui deviennent de plus en plus riches et puissantes.  Ils doivent s’assurer qu’on leur donne des « droits de coupe » sur de grands territoires le moins éloignés possible.  Ce qui limite l’émancipation des fermes privées.  D’ailleurs, pour l’individu, il est moins harassant, croit-il, de travailler 12 hres/jr pour une compagnie que de travailler sur une ferme où le travail dure du lever du Soleil jusqu’à son coucher.  La vraie raison est que ceux qui « travaillent en ville » ont un revenu continuel tout au long de l’année; contrairement au  propriétaire d’une ferme.

Sans s’en rendre compte, la population laisse tomber sa « liberté individuelle » en échange d’une sécurité factice.  Le fermier est planté, debout, solide sur ses pieds, en parfait équilibre sur sa terre.  L’employé d’une compagnie marche continuellement en équilibre instable sur un fil de fer qui bouge selon l’offre et la demande du commerce; et surtout, selon l’honnêteté et l’implication sociale de son employeur. De nos jours, le fermier marche sur un fil de fer instable tenu par l’économie générale au lieu de son économie personnelle. La « finance » s’est accaparé de cette « production » rentable.

Il est évident que pour un employeur, rencontrer ses responsabilités sociales devient un handicap dans un monde capitaliste, face à ceux qui se fichent complètement de la base de leur société, c’est-à-dire, la population.  Les employeurs responsables seront toujours limités à la petite et moyenne entreprise.  Ils ne pourront jamais s’émanciper en grosse entreprise, puisqu’ils se servent de leur surplus pour rencontrer leurs responsabilités envers leurs employés et la société qui les entourent.  Ce sont eux, maintenant, qui seront des héros.  Malheureusement, nous ne pourront pas en parler puisqu’ils sont méconnus et même inconnus socialement.

Il y a évidemment quelques exceptions.  En fait, une seule pour l’instant me vient à l’esprit, et c’est « La famille Molson ».  Cette famille d’entrepreneurs Canadiens, semble avoir toujours appuyé l’intérêt de la population.  Ce n’était évidemment pas sans intérêt personnel, car l’intérêt de leur commerce demande que leurs clients possèdent une certaine qualité de vie pour s’offrir leur produit qui n’était pas de première nécessité.  Par contre, les « Canayens » ont toujours été de puissants consommateurs de bière; et encore aujourd’hui, la compagnie Molson est toujours prospère.  Elle s’implique toujours, également, dans la qualité de vie de ses concitoyens.

Est-elle sans tache ?  Elle ne peut probablement pas l’être.  Elle doit se plier à la philosophie capitaliste du moment, pour survivre; mais elle fait son maximum pour aider et remettre une partie de ses profits au service de la population.  Curieux que je pense de cette façon; puisque je ne suis pas du tout un consommateur de bière.  C’est un liquide qui ne me plaît pas du tout.

L’adoption de la confédération canadienne s’est faite sans consultation ou consentement populaire.  Elle est issue d’un consentement de la Reine Victoria d’Angleterre pour « l’Acte de l’Amérique du Nord britannique ».  Les choses avaient changé au Canada à cause d’une poussée de l’immigration à partir de l’Angleterre.  Le Haut-Canada était maintenant plus populeux que le Bas-Canada et la représentation par 42 sièges pour chacun des partis est jugé « injuste » par les Anglais.  Ce qui est assez curieux puisque la situation inverse, lors de l’instauration du Canada-Uni, n’avait posé aucun embarras aux Anglo-Saxons.

« Avant 1867, l’Amérique du Nord britannique est un groupement de six colonies indépendantes : la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, le Canada-Uni (anciennement Haut et Bas-Canada), Terre-Neuve, l’Île-du-Prince-Édouard et la Colombie-Britannique.  En 1867, seules les trois premières colonies mentionnées plus haut constituent la Confédération (qui est, en réalité, une Fédération.  En fait, si elle était une Confédération, les problèmes actuels disparaîtraient).  À cette époque, la « Terre de Rupert » et « les territoires du Nord-Ouest » appartiennent à la Cie de la Baie d’Hudson qui les cédera en 1870. »

Les « pères de la Confédération » choisissent de baptiser le nouveau pays : le Dominion du Canada, après avoir rejeté les noms de Royaume et Confédération.  Les « pères de la  Confédération » sont donc plutôt les « pères du Dominion ».  Ce titre de « père de la Confédération » est digne de l’hypocrisie… woops !  Excusez-moi ; …est digne de la « subtilité politique », puisque le Canada n’est pas une Confédération mais bien une Fédération, nous l’avons déjà souligné.  Les membres d’une Confédération gardent leur indépendance individuelle en assumant ensemble, les coûts produits par les dépenses du groupe ; comme des joueurs de poker qui font venir une pizza.  Les membres d’une Fédération, sont contrôlés par un groupe qui administre l’ensemble du regroupement au moyen de taxes qu’il décrète.  Comme l’armée qui décide d’envoyer une pizza à des soldats qui jouent au poker.

Plusieurs de ces « pères » sont menés par leurs intérêts économiques pour promouvoir la Confédération.  Par exemple : George-Étienne Cartier possède des actions dans la compagnie de chemin de fer qui devait relier le Canada d’est en ouest.

 » Les « pères de la Confédération » Québécois, sont :  Sir George-Étienne Cartier, Jean-Charles ChapaisSir Alexander Tilloch GaltSir Hector-Louis Langevin,Thomas D’Arcy McGee et Sir Étienne-Paschal Taché. » Seul ce dernier sera sans tache (malgré son nom).

Il devient premier ministre du Canada de 1855 à 1857 et en 1864-1865.

À 17 ans, il rejoint son frère et s’engage comme soldat lors de la guerre de 1812 contre les États-Unis.  Il participe alors à la bataille de Châteauguay (où il reçoit une médaille de bravoure) et à la bataille de Plattsburgh.  Il est donc l’un de nos vrais héros.  Il profite de son séjour dans la milice pour compléter son éducation de façon autodidacte.

Le Dr Taché pratique la médecine dans la région de Montmagny, avec zèle et dévotion, pendant vingt-deux ans.

Après quelques années de pratique, Taché commence à s’inquiéter de la difficulté qu’ont les Canadiens-français à se faire entendre dans les professions libérales.  Ainsi, au début des années 1830, il s’investit dans différentes organisations visant la reconnaissance des droits et des compétences de ses confrères médecins, notaires ou avocats, et qui favorisent l’accès des Canadiens-français à ce type de profession.  Cette implication, combinée à l’influence de son voisin et ami Jean-Charles Létourneau, l’amène à prendre une part active au sein du mouvement patriote en croissance.

Cependant, il est contre la prise des armes et ne participe pas à la rébellion des Patriotes de 1837-1838.  Il possède donc un esprit libre qui n’est pas manipulable.  Il est de la vieille école des héros « canayens ».

En 1841, il quitte la médecine et il est élu comme député du comté de L’Islet à l’Assemblée législative du Canada-Uni, en tant que représentant d’un groupe qui prendra plus tard la désignation de Parti Réformiste.  Il rejoint ainsi certains de ses amis qui étaient également actifs au sein du défunt parti patriote.

À partir de ce moment, et jusqu’à sa mort, Étienne-Paschal Taché consacre toutes ses énergies à la défense et à la sauvegarde des institutions et des intérêts des Canadiens-français.  Pour ce faire, il utilisera ses armes les plus redoutables, son intégrité et sa force de conciliation. On reconnait là un trait caractéristique de nos « Canayens » coureurs de bois.

Il quittera son rôle de député en 1846.  Jouissant déjà d’une renommée enviable d’homme sincère, à la fois engagé et déférant.  Les instances gouvernementales feront alors appel à lui pour occuper différentes charges administratives importantes : adjudant-général des milices du Canada-Est, conseiller législatif et exécutif, receveur-général, commissaire des travaux publics.  Enfin, dans un Canada-Uni au bord d’une guerre civile, il est même prié par ses pairs, à deux reprises, d’occuper le poste de premier ministre, soit en 1855-1856 et en 1864-1865.

Il consacre la dernière année de sa vie à son plus grand et prestigieux projet; la confédération des provinces de l’Amérique du Nord britannique.  Selon lui, la situation politique est telle que ce plan est essentiel à la sauvegarde des institutions canadiennes et qu’il garantit les provinces contre une annexion par les États-Unis. Il est donc contre l’option de Louis Joseph Papineau.

Malgré ses 69 ans, en plus de ses charges de premier ministre et de ministre de la milice et des finances, il accepte le rôle de président de la Conférence de Québec qui jeta les bases du plan confédératif.  Par la suite, à titre de premier ministre, il a à défendre ce projet en chambre.  Après une attaque de paralysie, il est forcé de se retirer de la vie publique.

Il s’éteint à Montmagny le 30 juillet 1865, sans connaître l’aboutissement du projet pour lequel il s’est battu jusqu’au bout de ses forces.  Ce projet se concrétisera finalement en 1867 par l’Acte de l’Amérique du Nord Britannique de 1867 qui créera la fédération du Canada. Cette concrétisation n’est pas du tout celle qu’il voulait.

Il est le seul qui ait préservé son honneur, ses idéaux et son intégrité et il est pratiquement effacé de notre histoire. Sir Étienne-Paschal Taché est le seul, parmi tous les « pères de la confédération », qui puisse, honnêtement, être qualifié de héros « Canayen ».

Les héros qui suivront seront des inconnus parce qu’ils possèdent, au départ, un esprit individualiste qui ne les pousse pas à se lancer dans la vie publique.  Ces héros inconnus travailleront, chacun de leur côté, pour le bien-être de leur entourage, sans se prévaloir d’un pouvoir asservissant sur ceux qui les côtoient qui en ferait des « profiteurs du système ».

La structure de notre société, que l’on vient de voir s’établir, ne leur permettra que très rarement de sortir de leur anonymat.  Par contre, chaque famille « Canayenne » possède ses héros qui, la plupart du temps, sont reconnus comme étant les « moutons noirs » de la famille.  Ce sont des hommes indépendants, comme l’étaient leurs ancêtres, qualifiés de « noirs » parce qu’ils ne sont pas du tout des « moutons ».  Il y en aura toujours dans notre population ; c’est un trait de caractère génétique (et oui, cela date des Gaulois; principalement d’Armorique, c’est à dire Bretagne).

À partir de Martin Lefebvre jr, l’héroïsme « canayen » ne se manifestera plus que dans l’histoire interne des familles. Très rarement sortira-t-il vers le public.

Voici une autre photo de Martin jr avec une partie de sa famille :

J’espère que c’est l’appareil photo qui est « hors niveau »; sinon cela doit être difficile de servir des bols à soupe.

Martin jr est le troisième à partir de la gauche. Avant lui, le deuxième, se tient mon grand-père Delphis dont je parlerai plus loin; et devant ce dernier, assise, ma grand-mère Léontine regardant mon père Joseph. L’épouse de Martin jr, Cordélia, est assise en face de sa fille à sa gauche. C’est à partir de cette arrière-grand-mère que les Lefebvre de ma lignée ont atteint des tailles plus élevées que 5 pi et 6 po. Mon grand-père Delphis mesurait au moins 5 pi 10 po.

Je ne peux y résister; voici une autre photo de Martin jr :

Vous ne la voyez peut-être pas mais sa pipe est solidement encrée au coin droit de sa bouche. Le bonhomme est beau et, sans être d’une haute taille, il a vraiment l’air « solide ». Je l’aime beaucoup sans l’avoir jamais connu. J’aurais aimé « m’argumenter » avec lui. Il m’aurait appris beaucoup, je pense.

Martin jr et Cordélia auront au moins sept enfants dont voici les photos:

1) Clara (Marie) épouse Eugene Clavette le 7 février 1916 à Lanoraie

2) Raoul-Edmond né le 26 décembre 1878 à St-Justin de Maskinongé. Épouse Diane Léveillé dit Thibeault le 7 janvier 1902 à Montréal. Décédé le 23 oct 1958 à St-Didace

3) Albert épouse Clara Delorme le 7 janvier 1896 à Montréal. Il épousera Victoria Paquette en deuxième noces.

4) Albina, la plus belle de la famille, épouse Casimir Brisebois le 20 novembre 1893 à Montréal.

5) Napoléon né le 29 octobre 1885 à St-Didace décédé le même jour

6) Louis-Delphis, mon grand-père, né le 27 février 1889. Il épouse Léontine Clavette, ma grand-mère, le 6 octobre 1913.

7) Joseph plâtrier comme son père et son frère.

Martin jr est plâtrier et il enseignera son métier à ses fils Louis-Delphis, Raoul et Joseph.  Il décèdera à Montréal le 20 février 1926 âgé de 83 ans.

Louis-Delphis, mon grand-père; est mon héros personnel. Il décédera à l’âge de 58 ans; et mon père, Joseph, héros de ses petits-fils, à l’âge de 83 ans.

Au sujet de ces deux derniers «héros », voici ce qui refait surface :

Delphis, mon grand-père, était plâtrier. Mais il était spécialisé dans les moulures de plâtre (corniches, centre de plafond, etc…) avec enjolivure de feuille d’or très mince qu’il collait sur le plâtre. On en voyait encore dernièrement au plafond des Églises et des édifices importants.

Il a enseigné son métier à son fils Joseph, de sorte que celui-ci, beaucoup plus tard, eut la possibilité de refaire les corniches en plâtre du parlement d’Ottawa (dans les années 70) parce que personne d’autre ne savait plus comment procéder.

Delphis était un sportif. Il faisait de la lutte gréco-romaine à la palestre nationale de Montréal. Il avait également une qualité remarquable: il flottait sur l’eau comme un bouchon. Souvent il allait se baigner. Il s’étendait dans l’eau, n’enfonçant que la moitié de son corps. Il plaçait son tabac et son papier à cigarette sur son thorax et partait en nageant sur le dos. Certains affirme que parfois, il allait jusqu’à…s’endormir couché sur l’eau. Il était tellement toujours calme, que je suis porté à les croire.

Pierre, mon frère rapporte souvent l’anecdote suivante qui démontre le caractère calme, logique et assuré de cet homme :

« Je me souviens d’une histoire que papa m’a raconté à propos de son père Delphis concernant un contremaître qui lui suggérait fortement de fumer des cigarettes toutes faites, au lieu de rouleuses, pour diminuer la « perte de temps ». Sur ce, grand-papa demande à ce môsieu de bien vouloir s’allumer une de ses « toutes faites ». Et le grand-père allume la sienne (qu’il venait de rouler) sur la même allumette que lui !

Toutes les fois que je regarde un film western où un cowboy se roule une cigarette, cette image mentale de grand papa, que je n’ai pas connu, me reviens. »

Au sujet de mon père, héros de ses petits-fils, je me contenterai de dire ceci :

Après la guerre, Joseph qui était plâtrier, a créé sa propre compagnie. Sa plus grande inquiétude était de fournir du travail à ses employés, car il se sentait responsable de subvenir aux besoins de ces familles. Il n’a jamais manqué d’argent pour sa propre famille, mais il n’est jamais devenu riche.

Il est allé prendre des cours de Chiropractie à Indianapolis (USA) dans les années 50. Nous, ses enfants, sommes demeurés là-bas durant la première année de son cours et nous sommes revenu. Un an plus tard, il était chiropraticien. Il a pratiqué ce travail pendant 2 ans au Canada. Il a ensuite laissé tomber parce que, disait-il, il était «tanné» d’entendre, inutilement, l’histoire des bobos de ses patients depuis qu’ils étaient enfants. La Chiropractie est le réajustement des vertèbres déplacées; il avait l’impression que le patient n’avait presqu’aucun besoin de parler avant de se faire « ajuster ». J’ai bénéficier de ses traitements une grande partie de ma vie; ma colonne vertébrale est « droite ».

J’avoue qu’il n’aimait pas le bruit inutile. Dans son auto, lorsqu’il ouvrait sa radio et que ce n’était pas le moment des nouvelles, il refermait, avec un sourire en coin vers moi,  ce qu’il appelait « la boite à tapage ». Je riais et j’ouvrais ensuite la radio pour écouter la musique. Si celle-ci n’était pas à mon  goût, je refermais « la boite à tapage ». Aujourd’hui, je n’ouvre jamais la radio de l’auto. Quand je suis seul, je préfère chanter en conduisant.

Mon père a commencé à jouer au golf à l’âge de 60 ans et a joué jusqu’à 82 ans. Il est décédé à 83 ans d’une maladie des poumons supposément inconnue et très rare. Il ne fumait plus depuis 35 ans et un an avant son décès, le médecin lui avait dit que ses poumons étaient comme ceux d’un enfant, avant de lui donner son « vaccin contre la grippe ». À son décès, ils étaient comme des pneus.

On pourra dire toutes sortes de choses sur Joseph Lefebvre mais on ne pourra jamais lui enlever le « fait » établi qu’il a sauvé la vie d’un enfant de Terre-Neuve, durant la guerre, lorsqu’il était en permission sur une plage de là-bas. Un enfant se noyait et avait coulé pour la troisième fois, lorsqu’il a plongé pour aller le récupérer. Il m’a raconté qu’il arrivait à bout de souffle lorsqu’il a attrapé l’enfant par les cheveux pour l’enlever à la mer. Il a eu énormément de difficultés à le ranimer au moyen de la respiration artificielle. Cet évènement a paru dans les journaux de Terre-Neuve de l’époque (1942 à 44 je ne sais plus vraiment) mais j’ai vu l’article du journal relatant l’exploit avec la photo de mon père sur la plage, dans les vieux papiers de ma grand-mère.

Je ne vous raconterai pas l’héroïsme de ma grand-mère Léontine, ni celui de ma mère, car vous ne me croiriez pas. Je garderai ces récits pour mon cercle familial rapproché. Ceci termine donc la saga de « Mes propres Canayens ».

Évidemment, durant cette dernière période de leur histoire, il y a eu un nombre incalculable de faits héroïques fait par des « Canayens » durant les deux grandes guerres; mais je ne voudrais pas dévaloriser encore plus les « exploits » officiels de l’histoire nord-américaine. J’ajouterais qu’en omettant de parler des deux grandes guerres, je manque complètement le but du titre de cet article qui voulait souligner les « bienfaits de la civilisation ». Veuillez m’en excuser; mais ces « bienfaits » sont racontés à profusion dans l’histoire officielle depuis les 6,000 dernières années. D’ailleurs, les guerres semblent se multiplier un peu partout, depuis une vingtaine d’années. Mais restons positif: une fois terminée, chacune des guerres est finie.

Amicalement

André Lefebvre

 

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Andre lefebvre

Mon premier livre "L'histoire de ma nation" est publier chez: http://fondationlitterairefleurdelyslibrairie.wordpress.com/ André Lefebvre

Une pensée sur “Les bienfaits de la civilisation

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    5 mars 2013 à 10 10 18 03183
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    Et voilà, maintenant, que l’image à la Une est reléguée à l’infini. Qui disait, déjà, : Les premiers seront les derniers?

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